Nous passons l’après-midi ensemble. Je lui évoque la peur du vide qui m’accable par moment. Que l’idée de l’Après est inconcevable tant la place qu'elle occupe est considérable. Face à mes errances intérieures, elle se contente d’un texte vieux de quelques décennies ;
Les chants désespérés
Sont les chants plus beaux
Et j’en connais d’éternels
Qui sont de purs sanglots.
Le silence se glisse entre nous. Elle me fixe longuement pendant que je mémorise le poème. Elle se redresse et me déclare le plus normalement du monde :
- Je ne t’ai pas mis au monde pour que tu vives à mon rythme.
A cet instant, elle ignore tout de ces pages virtuelles destinées au web.
- Tu t’épargnerais bien des chagrins si tu cultivais la philosophie de l’absence.
Une réponse à l'opposé de ce site dont l'intention est de cultiver sa présence. La résignation ne coule pas dans mes veines. On ne se sépare pas d’une partie de sa vie comme d’un étage de fusée. Un étage monumental impossible à résumer avec de simples mots. Philosophie de l'Absence ou pas, après elle, le paysage sera bien plat.