Octobre 2008. La tourmente de la section "C" est loin derrière nous.
Même engloutie dans la maladie d’Alzheimer, Henriette nous surpasse. Ses mots suffisent, simples et généreux. Ils donnent un sens aux choses et comblent les déserts affectifs. Certains soirs, réalisant sa vieillesse et le dénouement qui se rapproche, elle dit attendre quelqu'un, évoque un grand désordre intérieur, et croit apercevoir mon père (décédé il y a trente ans) venir la chercher. Le regard est lucide et le ton de sa voix si convaincant que nous nous taisons tous. S'ensuit un silence paisible qu'elle interrompt parfois avec cette confidence, toujours la même :
« Vivre encore un peu, pour t’aimer encore un peu ».
J’ai un peu honte de recevoir cette marque d’affection hors du commun. Je ne suis que son fils après-tout. Qu’ai-je vraiment accompli pour mériter une telle déclaration ?
Elle a raison cependant, vivre pour vivre ne suffit pas, si seulement la chance d’aimer était accordée à tous. Que ses quelques mots puissent réveiller les terres arides.
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L'Hôpital 1 , la déconvenue :
http://yeyette75.typepad.fr/mon_weblog/lhpital-le-texte.html
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L'Hôpital 2, le départ :
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